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écriture ludique - Page 6

  • c'est tout vu, amour

    yiiihaaa- fais-moi voir.
    - quoi donc ?
    - je ne sais... quelque chose...
    - quelque chose comme un bouquet de roses ?
    - quelque chose comme ça, oui.
    - quelque chose qui te dit comme je t'aime ?
    - oui, oh oui ! très exactement ça, même.
    - tu ne veux pas d'un poème ?
    - non, non, merci non... fais-moi voir, simplement.
    - attends... j'enlève mes gants.
    - j'attends, comme toujours.
    - par amour.
    - pardi !
    - alors voici...
    - oh, c'est beau ! qu'est-ce que c'est ?
    - mon cadeau, mon bouquet, mon petit effet.
    - c'est pour moi, vrai de vrai ?
    - non.
    - pardon ?
    - non, c'est à toi... pas pour toi.
    - ... comprends pas...
    - prends-le...
    - avec les yeux ?
    - avec les doigts si tu veux, mais tu voulais voir.
    - oh ! je vois, oui...
    - comme je t'aime ?
    - oui, oh, oui... ça oui ! très exactement ça, même.
    - c'est ce que tu voulais ?
    - en mieux !... si je m'attendais.
    - alors, dis : que vois-tu ?
    - je vois que je t'ai plu et sans l'avoir voulu, comme un reflet qui saurait dire la vérité sans détour et sans parler.
    - et que vois-tu encore ?
    - la mort, dis ! ...qui trépigne, s'indigne et compte ses épines pour aller jouer ailleurs, user d'autres rapines, aux endroits où l'on meurt.
    - et puis ?
    - et puis ta peau qui boit de l'eau qui me coule du dos ; ta peau qui me couvre de nuit ; ta peau qui m'envie, qui m'appelle... où mon corps est blotti et couve sous ton aile.
    - et tu vois les couleurs ?
    - je les vois, je les vois ! elles arrivent ! elles quittent la rive et font des ricochets sur les dunes et sur les parapets.
    - et tu les reconnais ?
    - ah oui ! il y a celle qui danse, il y a celle qui pleure, celle-ci qui affleure et cette autre qui pense à repeindre la cour où déjà reparaît le jour… ce jour où tout murmure est nouvelle aventure ; ce jour qui dit toujours oui ; cet aujourd’hui.
    - le spectacle te plaît, donc.
    - ah, le beau rigodon ! ah, la fête ! et quel est ce vol d'oiseaux trop sérieux sous le ciel amoureux... quelques canards chipeaux ?
    - non, des bergeronnettes.
    - tu m'aimes tant que ça ?
    - tu le vois.
    - je le vois.

    Qui a dit que l’amour est aveugle au faîte ?

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    impromptu littéraire - tiki #51

  • Foyez en paix

    Sur la table en noyer
    finement marqueté
    la tasse en grès anglais
    nargue le mazagran
    près de sa tisanière
    qui ne fait plus la fière
    - elle est bien trop vidée

    Aux flancs du canapé
    couvrant des coussinets
    en toiles ouvragées
    et cousues de fil blanc
    la cascade d'un châle
    semble pousser un râle
    - peut-être le dernier ?

    Un orage est passé
    délaissant le parquet
    pour le sol carrelé
    au damier noir et blanc
    puis l'épaisse moquette
    où pleure une chaussette
    - privée de sa moitié

    Dans leur paix retrouvée
    les bibelots sonnés
    ont fini de trembler
    et de claquer des dents
    sur la bibliothèque
    et les meubles en teck
    - c'est enfin la journée !

    ils sont partis, les agités.

    samedi.gif

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

  • connais-toi, c'est l'automne...

    Connais-toi, c'est l'automne
    ma peine
    fredonne
    de là, pardonne
    et laisse aller
    mon regard qui s'étonne dans le vent frais

    Connais-tu cet or ange
    qui plane au ciel et le mange ?

    C'est bien assez de feu pour la soirée
    les pieds mouillés, le nez qui coule
    l'envie de s'embrasser roulés en boule

    C'est la canopée qui déteint
    puis, dans le matin frêle
    vois qu'on rassemble ses cheveux
    à la pelle

    C'est ta peau de renard
    ma Vieille Dame Blanche
    tu as pris du retard
    dans ce matin qui planche
    à son banc d'écolier
    et de son encrier
    puise un peu de la nuit
    que tu as fui
    sitôt qu'elle a bleui

    Tu t'es pissé dessus ?
    'fallait bien qu'ça arrive
    car la pluie de l'automne
    fait sa grande lessive

    Ah, la belle saison
    je n'en attends pas moins
    tu pisses, je pleure moins

    Le bel événement
    (je ne l'attendais plus)
    l'automne ! l'automne est là
    et je ne pleure plus.

    AUTOMNE2.JPG

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK
    impromptu littéraire - tiki #50

    illustration composée d'après une vue extraite d'ici

  • L'ABECEDAIRE poLétique

    Yihaa !Œuvre de pédagogie légère sensée démontrer avec bonheur combien la poLésie a son terme ancré dans le quotidien ; où l’on verra en outre tout l’intérêt de conserver par devers soi les ouvrages et essais littéraires, les recueils de poésie et ces vieux manuels de littérature française qui nous ont tant pourri la vie scolaire.

     

     

     

    Epigraphe incipitatif aux fins de caution littéralesque :

    « Ce n’est pas la station debout permanente qui a séparé l’homme du singe, c’est la poésie » Charles Dantzig, Dictionnaire égoïste de la littérature française – © Éditions Grasset et Fasquelle, 2005.

     

    AU SOMMAIRE DE L'ABECEDAIRE POLETIQUE :

     

     

    AVANT-PROPOS INTRODUCTIF EN MANIERE D'EXERGUE :

    J’avoue avoir choisi cette forme catégorique par lâche concession faite à l’actuelle pression qu’exerce sur les individus certaine gestion du temps qui se prétend moderne et pragmatique. Alliage des fonctions contradictoires de la lecture documentaire et de la contemplation poétique, cet ouvrage (un mictionnaire de poLétique ?) recèle de miens écrits originaux suivis de citations d’auteurs pertinemment décédés pour la plupart – ce qui ajoute au caractère péremptoire de mes choix et permettra au lecteur avisé de s’exclamer ici ou là « ah oui tiens, ça je connais ».

     

    Alors, de la pourriture didactique qui nous les avaient rendues indigestes, je gage que nous verrons, après cet exercice, refleurir nos parcs de leurs nourritures terrestres.

     

    ...mmmmnawouiche...Ah, et puis si on vous le demande : le L dans « poLésie », ça veut dire ludique, donc.

    PoLétiquement vôtre,

    tiniak.

     

     

     

    bowdown.gif

    Avec, par ordre alphabétique d’apparition magnifiante :

    Allais
    Apollinaire
    Aveline
    Barbey D’Aurevilly
    Barjavel
    Barrès
    Bernard
    Boyer
    Breton
    Cadou
    Cendrars
    Charef
    Cocteau
    Cohen
    Cros
    Dac & Blanche
    De Beauvoir
    De Navarre
    De Noailles
    Deleuze
    Destouches
    Devos
    Dovalle
    Duby
    Eluard
    Fargue
    Follain
    Gautier
    Gélis
    Giono
    Giraudoux
    Goll
    Grécourt
    Hugo
    Ionesco
    Jacob
    Jarry
    La Fontaine
    Laforgue
    Lamartine
    Lapointe
    Leduc
    Malet
    Malherbe
    Mallarmé
    Malraux
    Marinier
    Martin du Gard
    Michaux
    Michel
    Montaigne
    Moréas
    Neveu
    Pennac
    Péret
    Pieyre de Mandiargues
    Ponti
    Queneau
    Reine Margot
    Reverdy
    Rimbaud
    Rochefort
    Roy
    Saint-Exupéry
    Saint-John Perse
    Samain
    Sarraute
    Sartre
    Schwob
    Senghor
    Soupault
    Supervielle
    Thérèse de Lisieux
    Thiry
    Toulet
    Valade
    Vargas
    Verhaeren
    Verlaine
    Vian
    Vildrac
    Wittig
    Yourcenar

     

     

     

    *poLèmes précédemment parus sur http://pavupapri.hautetfort.com

    Le Bel Aujourd'hui en PoLésie (I & II) ©2007-2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK

     

    _________________________________________________________________

    et allez... pour les pointilleux, les références des textes cités sont compilées à l'index de ce mictionnaire poLétique

    blbl.gif

  • LES VERBES HAUTS

    Les verbes hauts
    de l'abécédaire poLétique


    Conjuguant l’action et la réflexion, les verbes hauts portent haut les couleurs du récit. Grâce à eux, quelles que soient sa fonction ou son genre, sa teneur s’écarte des chemins de basse-fosse où versent trop souvent le pamphlet qui mène sa charge, le pédant qui pérore, le pompier qui ne tarit plus d’éloge, et le parnassien qui contemple.
    Ayons donc quelque indulgence pour ceux d’entre eux qui désuètent, ou surannent... n'allons pas trop vite leur prêter des intentions péremptoires ou un caractère élitiste. Désignons-les plutôt par ce à quoi ils prétendent : une certaine hauteur de l’esprit.

    • ABC
      adorer - briquer - caresser
    • DEF
      donner* - espérer - fleurir
    • GHI
      gémir - hypothéquer - inonder
    • JKL
      jouer - lire
    • MNO
      mourir - naître* - oser
    • PQR
      plaire quitter - révoquer
    • STU
      savoir - tancer - unir
    • VW
      voiler
    • XYZ
      zigzaguer

    Avec, par ordre d’apparition volubile :
    Monsieur Léon-Paul Fargue ; Monsieur Claude Ponti ; Monsieur André Pieyre de Mandiargues ; Monsieur Marcel Thiry ; Mademoiselle Frédérique Audouin-Rouzeau (dite Fred Vargas) ; Monsieur René Barjavel ; Monsieur Alphonse Allais ; Monsieur Michel de Montaigne ; Monsieur René-Guy Cadou ; Monsieur Robert (dit Boby, aussi dit Robert Foulcan) Lapointe ; Madame Monique Wittig ; Madame Anna (de Brancovan, comtesse) de Noailles ; Monsieur Jean Cocteau ; Monsieur Albert Cohen ; Monsieur Jean Giraudoux ; Monsieur Léon-Paul Fargue ; Madame Marguerite de Navarre ; Monsieur Léopold-Sédar Senghor ; Monsieur Mehdi Charef ; Monsieur Albert Samain ; Monsieur Isaac Lang (dit Ivan Goll) ; Monsieur Claude (né Evgen Atsine) Aveline.

    * poLèmes précédemment parus sur pavupapri

     

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    Aussi au sommaire de l’abécédaire poLétique :
    Des noms communs
    Des substantifs peu ordinaires
    Des adjectifs épithètes
    ____________________________________________

    tiniak ©2009 DUKOU ZUMIN &ditions TwalesK